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Un modèle de dissociation traumatique complexe : Le triptyque de la maltraitance

La dissociation traumatique complexe intervient quand un enfant vit dans un contexte traumatogène. C’est le cas en particulier dans les systèmes de maltraitance intrafamiliale, que cette maltraitance soit passive (négligences) ou active (violences). Pour pouvoir survivre, le cerveau de l’enfant va automatiquement déconnecter certaines de ses parties. C’est ce qu’on appelle la dissociation traumatique. Or, comme l’enfant baigne toujours dans le trauma, la dissociation va perdurer. La personnalité de la victime va alors se scinder en deux parties : la partie résiliente qui tient le coup et la partie blessée qui sera porteuse de la violence des émotions liées aux impacts traumatiques. Un troisième élément, qui n’appartient pas à l’enfant, qui n’est pas l’enfant et qui vient de l’extérieur, complète le tableau : le système abusif introjecté qui va se comporter à l’intérieur de l’enfant comme un parasite, un vampire.

Papa/maman, père/mère, géniteur/génitrice : où? Quand? Comment?

Lorsque le professionnel est confronté à de la maltraitance intrafamiliale, il doit être attentif à son vocabulaire. Les termes « papa/maman » renvoient à la toute petite enfance et au lien affectif entre enfants et parents. Ils doivent être réservés à l’intimité de la famille et le professionnel ne devrait pas les utiliser. Les termes «père» et «mère» s’adressent à la fonction parentale du parent, à son métier de parent. Ce sont ces mots que le professionnel choisira, puisqu’il intervient dans une famille quand il y a une difficulté dans la fonction parentale. Les mots «géniteur/génitrice» sont utilisés quand les parents mettent activement en danger la vie de leurs enfants et qu’ils sont incapables d’exercer leur fonction parentale.

Sécurité et Prévention, Témoins de maltraitances.

Les recherches dans le domaine de la maltraitance ont été nombreuses au cours de cette dernière décennie, et nous possédons aujourd’hui des indicateurs fiables qui assimilent la maltraitance grave et les abus sexuels à des traumatismes non seulement physiques, mais également psychologiques.

Article 12 : Quelles applications possibles pour le jeune enfant ?

A l’heure actuelle, la thématique de la participation de l’enfant dans les milieux d’accueil de la petite enfance est mise sur le devant de la scène ; nombreux éducateurs et pédagogues s’interrogent sur les attitudes et les moyens qui peuvent stimuler et promouvoir cet élan chez le jeune enfant. Or, tout en étant mis en exergue par les professionnels du psycho-pédagogique, il est essentiel de prendre en compte la dimension « légale » de la participation de l’enfant et de connaître et de lui reconnaître dans ce domaine, son statut de « sujet de Droit ».

L’abus sexuel de type seducteur-pervers, ou l’art de pervertir l’enfant

Les actes d’ordre sexuels de type séducteur-pervers commis à l’égard des mineurs sont parmi les plus courants et les plus pernicieux qui soient. Ils sont souvent qualifiés d’attouchements. L’adulte auteur des faits ne se reconnaît pas comme un agresseur sexuel, mais comme un initiateur. C’est le plaisir sensuel puis, dès la puberté, sexuel de la victime qui devient objet sexuel pour l’auteur des faits. L’auteur des faits rend la victime « séductrice » et « demandeuse » de la relation sexuelle. Il instaure un puissant lien d’emprise qui peut durer des années et qui englue la victime dans cette relation délétère. Dans ce type d’abus, la dimension du désir est scotomisée au profit de l’excitation sexuelle. Tout le poids de la culpabilité est porté par le mineur, l’auteur se déresponsabilisant de ses actes et de leurs conséquences. On peut parler de « pornographisation » du mineur.